Partie I : inégalités et suite
(un)
g(x)=1+xx, \ h(x)=ln(1+x) sur ]−1,+∞[.
1.a) Justifier graphiquement que 1+xx≤ln(1+x)≤x sur ]−1,+∞[.
\begin{center}
\end{center}
Sur ]−1,+∞[, la courbe (Ch) du logarithme est située au-dessus de (Cg) et au-dessous de la droite y=x. On lit donc directement :
1+xx≤ln(1+x)≤xpour tout x∈]−1,+∞[.
1.b) En déduire que (1+x)ln(1+x)−x≥0 sur ]−1,+∞[.
On part de 1+xx≤ln(1+x) et on multiplie par 1+x>0 (car x>−1) :
x≤(1+x)ln(1+x) ⟹ (1+x)ln(1+x)−x≥0.
1.c) Prouver que ex−(1+ex)ln(1+ex)≤0 pour tout x∈R.
On applique l'inégalité précédente avec le réel
X=ex>0 (qui appartient bien à
]−1,+∞[).
Pour
X=ex>0 :
(1+ex)ln(1+ex)−ex≥0, soit
ex−(1+ex)ln(1+ex)≤0pour tout x∈R.
2) (un) : u0=1, un+1=g(un)=1+unun.
2.a) Montrer que 0<un≤1 pour tout n∈N.
Initialisation. u0=1, donc 0<u0≤1. Hérédité. Supposons 0<un≤1. Alors 1+un>1>0, donc un+1=1+unun>0 ; de plus un+1=1+unun<un≤1.
⇒ Par récurrence,
0<un≤1 pour tout
n∈N.
2.b) Montrer que (un) est décroissante.
un+1−un=1+unun−un=1+unun−un(1+un)=1+un−un2<0. ⇒ La suite
(un) est strictement décroissante.
2.c) En déduire que (un) converge.
(un) est décroissante et minorée par 0 : d'après le théorème de la limite monotone, elle converge.
2.d) Déterminer la limite de (un).
La limite ℓ vérifie ℓ∈[0,1] et g(ℓ)=ℓ (car g est continue) :
1+ℓℓ=ℓ ⟹ ℓ=ℓ(1+ℓ) ⟹ ℓ2=0 ⟹ ℓ=0.
Partie II : étude de
f(x)=e−xln(1+ex)
1.a) Calculer f(0) et vérifier que f(x)>0 sur R.
f(0)=e0ln(1+e0)=ln2. Pour tout x : e−x>0 et 1+ex>1⇒ln(1+ex)>0.
⇒
f(0)=ln2 \ et \
f(x)>0 pour tout
x∈R.
1.b) Montrer que f(x)=exln(1+ex), et en déduire x→−∞limf(x)=1.
Comme e−x=ex1, on a immédiatement f(x)=exln(1+ex).
Limite usuelle :
X→0limXln(1+X)=1.
On pose
X=ex : quand
x→−∞,
X→0+, donc
x→−∞limf(x)=X→0+limXln(1+X)=1. ⇒ La droite
y=1 est asymptote horizontale à
(Cf) au voisinage de
−∞.
Remarque
L'énoncé laisse ici un emplacement vide (« Montrer que \dots ») : la quantité à établir est précisément
f(x)=exln(1+ex), qui ramène la limite à la limite usuelle ci-dessus.
1.c) Montrer que x→+∞limf(x)=0 et interpréter.
Avec X=ex→+∞ : \ f(x)=exln(1+ex), et par croissances comparées Xln(1+X)→0 (car ln(1+X)∼lnX et XlnX→0). Donc
x→+∞limf(x)=0. ⇒ La droite
y=0 (axe des abscisses) est asymptote horizontale au voisinage de
+∞.
2.a) Montrer que f′(x)=e−x(1+exex−ln(1+ex)).
(uv)′=u′v+uv′, avec ici
u=e−x (
u′=−e−x) et
v=ln(1+ex) (v′=1+exex).
f′(x)=−e−xln(1+ex)+e−x⋅1+exex=e−x(1+exex−ln(1+ex)).
2.b) Vérifier que f′(x)=ex(1+ex)ex−(1+ex)ln(1+ex).
On réduit la parenthèse au même dénominateur 1+ex, puis on utilise e−x=ex1 :
f′(x)=e−x⋅1+exex−(1+ex)ln(1+ex)=ex(1+ex)ex−(1+ex)ln(1+ex).
2.c) En déduire que f est strictement décroissante sur R.
Le dénominateur ex(1+ex)>0, et d'après la Partie I-1.c, le numérateur ex−(1+ex)ln(1+ex)≤0 (et même <0 car ex>0). Donc f′(x)<0 sur R.
⇒
f est
strictement décroissante sur
R.
\begin{center}
\end{center}
2.d) [](Les limites 1 en −∞ et 0 en +∞ donnent les bornes des variations.)
3.a) Équation de la tangente (T) à (Cf) en 0.
(T): y=f′(x0)(x−x0)+f(x0). Ici
x0=0.
f′(0)=e0(1+e0)e0−(1+e0)ln(1+e0)=21−2ln2=21−ln2, et
f(0)=ln2. D'où
(T): y=(21−ln2)x+ln2.
3.b) Vérifier que (T) passe par A(1,21).
Pour x=1 : y=(21−ln2)+ln2=21.
⇒
A(1,21)∈(T).
3.c) Construire (T) et (Cf).
\begin{center}
\end{center} (
(Cf) décroît de l'asymptote
y=1 vers l'asymptote
y=0 ;
(T) est tangente en
(0,ln2).)
4.a) Montrer que f admet une réciproque f−1 sur un intervalle J.
f est continue et strictement décroissante sur R, avec −∞limf=1 et +∞limf=0. Elle réalise donc une bijection de R sur f(R).
⇒
f admet une réciproque
f−1 définie sur
J=]0,1[.
4.b) Vérifier que f−1 est dérivable en ln2 et calculer (f−1)′(ln2).
Si
f′(x0)=0, alors
f−1 est dérivable en
y0=f(x0) et
(f−1)′(y0)=f′(x0)1.
On a
f(0)=ln2, donc
f−1(ln2)=0, et
f′(0)=21−ln2=0. Ainsi
(f−1)′(ln2)=f′(0)1=21−ln21=1−2ln22.
5) Soit λ>0.
5.a) \textit{Vérifier que 1+exe−x=1+e−xe−2x.}
On factorise ex au dénominateur :
1+exe−x=ex(e−x+1)e−x=exe−x⋅1+e−x1=1+e−xe−2x.
Remarque
L'énoncé contient ici une rature («
=1+e−xe−x ? Non\dots ? Ah! »). Seule la dernière
écriture,
1+exe−x=1+e−xe−2x, est correcte.
5.b) Montrer que ∫0λ1+ex1dx=ln2−ln(1+e−λ).
On multiplie par
e−xe−x pour faire apparaître la dérivée du dénominateur :
1+ex1=e−x+1e−x=e−x+1−(e−x+1)′.
∫0λ1+ex1dx=∫0λe−x+1e−xdx=[−ln(e−x+1)]0λ=−ln(1+e−λ)+ln2.
⇒
∫0λ1+ex1dx=ln2−ln(1+e−λ).
5.c) Montrer que ∫0λf(x)dx=ln2−f(λ)+∫0λ1+ex1dx.
Intégration par parties avec
u=ln(1+ex) et
v′=e−x, donc
u′=1+exex et
v=−e−x.
∫0λf(x)dx=[−e−xln(1+ex)]0λ+∫0λe−x⋅1+exexdx.
Le crochet vaut
−e−λln(1+eλ)+ln2=−f(λ)+ln2, et
e−x1+exex=1+ex1 ; d'où
∫0λf(x)dx=ln2−f(λ)+∫0λ1+ex1dx.
5.d) En déduire l'aire A(λ) délimitée par (Cf), l'axe des abscisses, x=0 et x=λ.
Comme f>0, l'aire est A(λ)=∫0λf(x)dx. En combinant les deux questions précédentes :
A(λ)=ln2−f(λ)+(ln2−ln(1+e−λ))=2ln2−f(λ)−ln(1+e−λ) u.a.
5.e) Calculer λ→+∞limA(λ).
Quand λ→+∞ : f(λ)→0 (question 1.c) et ln(1+e−λ)→ln1=0. Donc
λ→+∞limA(λ)=2ln2 u.a.