1) Résoudre dans l'ensemble des nombres complexes C l'équation : z2−2z+2=0.
2) On considère le nombre complexe a=22+i22.
2.a) Écrire a sous forme trigonométrique et en déduire que a2020 est un nombre réel.
2.b) Soit le nombre complexe b=cos8π+isin8π. Prouver que b2=a.
3) Dans le plan complexe rapporté à un repère orthonormé direct (O,u,v), on considère les points A, B et C d'affixes respectives a, b et c=1. La rotation R de centre O et d'angle 8π transforme tout point M d'affixe z en un point M′ d'affixe z′.
3.a) Vérifier que z′=bz.
3.b) Déterminer l'image de C par R, et montrer que A est l'image de B par R.
4.a) Montrer que ∣a−b∣=∣b−c∣ et en déduire la nature du triangle ABC.
4.b) Déterminer une mesure de l'angle (BA,BC).
5) Soit T la translation de vecteur u (d'affixe 1) et D l'image de A par T.
5.a) Vérifier que l'affixe d de D est d=b2+1.
5.b) Montrer que bb2+1=b+bˉ, puis en déduire que les points O, B et D sont alignés.
Corrigé
1)Résoudre z2−2z+2=0 dans C.
Δ=(−2)2−4(2)=−4=(2i)2<0, donc z=22±2i=1±i.
⇒ S={1−i;1+i}.
2)a=22+i22.
2.a)Forme trigonométrique de a ; montrer que a2020∈R.
a=22+i22=cos4π+isin4π=eiπ/4.
Rappel
Formule de Moivre : (eiθ)n=einθ.
a2020=(eiπ/4)2020=ei505π=cos(505π)+isin(505π)=−1.
(505 est impair, donc cos(505π)=−1 et sin(505π)=0.)
⇒ a2020=−1∈R.
2.b)b=cos8π+isin8π. Prouver que b2=a.
b=eiπ/8, donc b2=eiπ/4=a.
⇒ b2=a.
3)A, B, C d'affixes a, b, c=1 ; R rotation de centre O et d'angle 8π.
3.a)Vérifier z′=bz.
Rappel
Rotation de centre O et d'angle θ : z′=eiθz.
Ici z′=eiπ/8z=bz (car b=eiπ/8).
⇒ z′=bz.
3.b)Image de C par R, et montrer que A est l'image de B.
Image de C : zC′=b⋅c=b⋅1=b : c'est le point B. Image de B : zB′=b⋅b=b2=a : c'est le point A.
⇒ R(C)=B et R(B)=A.
4.a)Montrer ∣a−b∣=∣b−c∣ et en déduire la nature de ABC.
Méthode
On factorise a−b en utilisant a=b2, puis on prend le module (∣b∣=1).
La translation d'affixe w envoie le point d'affixe z sur le point d'affixe z+w.
D est l'image de A (d'affixe a) par T, donc d=a+1. Comme a=b2 :
⇒ d=a+1=b2+1.
Remarque
L'énoncé écrit « d=b+1 » ; or D=T(A) donne d=a+1=b2+1 (et c'est bien b2+1
qui intervient à la question suivante). Il s'agit d'une coquille : lire d=b2+1.
5.b)Montrer bb2+1=b+bˉ, puis que O, B, D sont alignés.
Rappel
Si ∣b∣=1, alors bbˉ=∣b∣2=1, donc b1=bˉ.
b+bˉ=2Re(b)∈R.
bb2+1=b+b1=b+bˉ∈R.
Or bb2+1=bd (car d=b2+1). Ainsi bd∈R : les affixes d et b sont
proportionnels par un réel, c'est-à-dire OD et OB sont colinéaires.
⇒ Les points O, B et D sont alignés.
Exercice 3 (4 points)
1) On considère la fonction numérique u définie sur R par : u(x)=ex−2x+2−3e−x.
1.a) Montrer que pour tout x∈R, u′(x)=ex(ex−1)2+2.
1.b) Dresser le tableau de variations de la fonction u (sans calcul de limites).
1.c) En déduire le signe de la fonction u sur R (remarquer que u(0)=0).
2) Soit la fonction v définie sur R par : v(x)=e2x−2xex+2ex−3.
2.a) Vérifier que pour tout x∈R, v(x)=exu(x).
2.b) En déduire le signe de la fonction v sur R.
3.a) Montrer que la fonction W définie par W(x)=21e2x+(4−2x)ex−3x est une primitive de la fonction v sur R.
3.b) Calculer l'intégrale ∫02v(x)dx.
3.c) Montrer que 29 est le minimum absolu de la fonction W sur R.
Corrigé
1)u(x)=ex−2x+2−3e−x sur R.
1.a)Montrer u′(x)=ex(ex−1)2+2.
u′(x)=ex−2+3e−x=exe2x−2ex+3.
Comme e2x−2ex+3=(e2x−2ex+1)+2=(ex−1)2+2 :
⇒ u′(x)=ex(ex−1)2+2.
1.b)Tableau de variations de u (sans limites).
Le numérateur (ex−1)2+2≥2>0 et ex>0, donc u′(x)>0 sur R.
\begin{center}
\end{center}
⇒ u est strictement croissante sur R.
1.c)En déduire le signe de u (on a u(0)=0).
u(0)=e0−0+2−3e0=1+2−3=0. Comme u est strictement croissante :
⇒ u(x)<0 sur ]−∞,0[, u(0)=0, u(x)>0 sur ]0,+∞[.
2)v(x)=e2x−2xex+2ex−3.
2.a)Vérifier v(x)=exu(x).
exu(x)=ex(ex−2x+2−3e−x)=e2x−2xex+2ex−3=v(x).✓
2.b)En déduire le signe de v.
Comme ex>0, v(x) a le même signe que u(x) :
⇒ v(x)<0 sur ]−∞,0[, v(0)=0, v(x)>0 sur ]0,+∞[.
3)W(x)=21e2x+(4−2x)ex−3x.
3.a)Montrer que W est une primitive de v.
Rappel
Dérivée de (4−2x)ex : (4−2x)′ex+(4−2x)ex=−2ex+(4−2x)ex=(2−2x)ex.
3.c)Montrer que 29 est le minimum absolu de W sur R.
W′(x)=v(x) change de signe en 0 (négatif puis positif, d'après 2.b), donc W décroît puis croît : elle admet un minimum absolu en x=0, égal à W(0)=21+4=29.
⇒ RminW=W(0)=29.
Problème (9 points)
Partie I
Soit g la fonction numérique définie sur ]0,+∞[ par :
g(x)=e1−x+x1−2
1) Montrer que g′(x)<0 pour tout x∈]0,+∞[.
2) En déduire le tableau de signes de g(x) sur ]0,+∞[ (remarquer que g(1)=0).
Partie II On considère la fonction numérique f définie sur ]0,+∞[ par :
f(x)=(1−x)e1−x−x2+5x−3−2lnx
Soit (Cf) sa courbe représentative dans un repère orthonormé (O,i,j) (unité : 2cm).
1) Montrer que x→0+limf(x)=+∞, puis interpréter le résultat géométriquement.
2.a) Montrer que x→+∞limf(x)=−∞.
2.b) Montrer que x→+∞limxf(x)=−∞, puis interpréter le résultat géométriquement.
3.a) Montrer que pour tout x∈]0,+∞[, f′(x)=(x−2)g(x).
3.b) Montrer que la fonction f est strictement décroissante sur ]0,1] et sur [2,+∞[, et strictement croissante sur [1,2].
3.c) Dresser le tableau de variations de la fonction f sur ]0,+∞[ (on admettra f(2)≈1.25).
4) Sachant que f(3)≈0.5 et f(4)≈−1.9, montrer que l'équation f(x)=0 admet une solution unique dans l'intervalle ]3,4[.
5) Construire la courbe (Cf) dans le repère (O,i,j).
Partie III On pose h(x)=f(x)−x pour tout x∈[1,2].
1.a) À partir du tableau de variations de la fonction h ci-dessous, montrer que f(x)≤x pour tout x∈[1,2]. \begin{center}
x
1
2
0
h(x)
↘
h(2)
\end{center}
1.b) Montrer que 1 est l'unique solution de l'équation f(x)=x sur l'intervalle [1,2].
2) Soit (un) la suite numérique définie par u0=2 et un+1=f(un) pour tout n∈N.
2.a) Montrer par récurrence que 1≤un≤2 pour tout n∈N.
2.b) Montrer que la suite (un) est décroissante.
2.c) En déduire que la suite (un) est convergente et calculer sa limite.
Corrigé
Partie I
g(x)=e1−x+x1−2 sur ]0,+∞[.
1)Montrer g′(x)<0 sur ]0,+∞[.
g′(x)=−e1−x−x21.
Pour x>0, e1−x>0 et x21>0, donc g′(x)<0.
⇒ g est strictement décroissante sur ]0,+∞[.
2)Tableau de signes de g (on a g(1)=0).
g(1)=e0+1−2=0. Comme g est strictement décroissante :
⇒ g(x)>0 sur ]0,1[, g(1)=0, g(x)<0 sur ]1,+∞[.
Partie II
f(x)=(1−x)e1−x−x2+5x−3−2lnx sur ]0,+∞[.
1)Montrer x→0+limf(x)=+∞ et interpréter.
Quand x→0+ : (1−x)e1−x→e, −x2+5x−3→−3, et −2lnx→+∞ (car lnx→−∞). Le terme −2lnx l'emporte :
x→0+limf(x)=+∞.
⇒ La droite x=0 (axe des ordonnées) est asymptote verticale à (Cf).
2.a)Montrer x→+∞limf(x)=−∞.
Quand x→+∞ : (1−x)e1−x→0 (l'exponentielle l'emporte), −2lnx→−∞, et surtout −x2→−∞ domine tout.
x→+∞limf(x)=−∞.
2.b)Montrer x→+∞limxf(x)=−∞ et interpréter.
xf(x)=x(1−x)e1−x−x+5−x3−x2lnxx→+∞−∞
(car −x→−∞ domine, les autres termes tendant vers 0 ou une constante).
⇒ (Cf) admet une branche parabolique de direction l'axe des ordonnées en +∞.
3.a)Montrer f′(x)=(x−2)g(x).
Méthode
On dérive f, puis on développe (x−2)g(x) pour vérifier l'égalité.
Dérivée de (1−x)e1−x : −e1−x+(1−x)(−e1−x)=−e1−x[1+(1−x)]=(x−2)e1−x. Donc
On combine le signe de (x−2) et celui de g (Partie I) :
\begin{center}
\end{center}
⇒ f est strictement décroissante sur ]0,1] et sur [2,+∞[, et strictement croissante sur [1,2].
3.c)Tableau de variations de f (on admet f(2)≈1,25).
Valeurs : 0+limf=+∞, +∞limf=−∞, et f(1)=(1−1)e0−1+5−3−2ln1=1.
\begin{center}
\end{center}
4)Montrer que f(x)=0 a une solution unique dans ]3,4[ (avec f(3)≈0,5, f(4)≈−1,9).
Sur [3,4]⊂[2,+∞[, f est continue et strictement décroissante. De plus f(3)≈0,5>0 et f(4)≈−1,9<0, donc f(3) et f(4) sont de signes contraires. D'après le théorème des valeurs intermédiaires (et la stricte monotonie) :
⇒ l'équation f(x)=0 admet une unique solution α∈]3,4[.
5)Construire la courbe (Cf).
Repères : asymptote verticale x=0 ; minimum local (1;1) ; maximum local (2;≈1,25) ; la courbe coupe l'axe des abscisses en α∈]3,4[.
\begin{center}
\end{center}
Partie III
On pose h(x)=f(x)−x sur [1,2].
1.a)Montrer que f(x)≤x sur [1,2].
Le tableau de variations de h (fourni) montre que h décroît de h(1)=0 à h(2) :
\begin{center}
\end{center} Le maximum de h sur [1,2] est donc h(1)=0 : pour tout x∈[1,2], h(x)≤0, c'est-à-dire f(x)−x≤0.
⇒ f(x)≤x pour tout x∈[1,2].
1.b)Montrer que 1 est l'unique solution de f(x)=x sur [1,2].
h est strictement décroissante sur [1,2] avec h(1)=0, donc h(x)=0⟺x=1. Comme f(x)=x⟺h(x)=0 :
⇒ 1 est l'unique solution de f(x)=x sur [1,2].
2)(un) : u0=2 et un+1=f(un).
2.a)Montrer par récurrence que 1≤un≤2.
Initialisation.u0=2∈[1,2] : vrai au rang 0. [2pt] Hérédité. Supposons 1≤un≤2. Sur [1,2], f est croissante (II.3.b), donc
(un) est décroissante et minorée par 1, donc elle converge vers une limite ℓ∈[1,2]. Comme f est continue sur [1,2], ℓ vérifie f(ℓ)=ℓ. Or (question 1.b) la seule solution de f(x)=x sur [1,2] est 1.